Vélasquez : l’art du portrait vérité

Publié le par Lycée Henri Wallon

Vélasquez : l’art du portrait vérité

D’origine portugaise, Vélasquez naît en 1599 à Séville. Il manifeste dès l’enfance un don pour la peinture. À l’âge de dix ans, il rejoint en qualité d’apprenti l’atelier du peintre Francisco Herrera Le Vieux (1576-1654).  C’est aux alentours de dix-huit ans qu’il réalise ses premières œuvres notables, dont Trois hommes à table, le déjeuner qui le fait remarquer. Vélasquez voit en Le Guerchin (1591-1666) une source d’inspiration et trouve son propre style de peinture. En 1623, on lui confie la tâche d’exécuter le portrait du roi. Cinq ans plus tard, il devient l’artiste officiel de la famille royale. Toutefois, le peintre a entière liberté d’honorer des commandes pour des particuliers. Au soir de sa vie, Vélasquez est au sommet de son art. Il réalise ses œuvres les plus ambitieuses, telles Les Fileuses  ou Les Ménines. Il s’éteint à Madrid le 6 août 1660.

Philippe IV,1628

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Philippe IV, 1653

Bien qu’attaché à la famille royale, et tenu de représenter sa souveraineté, Vélasquez est le portraitiste de l’Homme. Ce terme est à prendre dans sa double signification : la nature humaine, marquée par le temps qui passe et les épreuves de la vie ; et l’homme individuel, quelle que soit sa place dans la société, qu’il s’agisse des gens simples, des personnes de la cour y compris les bouffons, et bien sûr les figures royales qu’il a représentées durant quarante ans. En ce sens, Vélasquez est le peintre de l’humanité, de la condition humaine qu'il représente dans sa vérité.

 

Ceci explique notre choix de tableaux. Au travers de cette sélection, il est possible de percevoir d’une part l’unité thématique de Vélasquez, l’être humain dans sa dimension profane et sacrée, d’autre part l’extrême diversité de ses déclinaisons. Le peintre opère des variations sur le même thème, comme on le dirait en musique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Ménines est un parfait exemple de ce jeu sur les variations. La toile représente différentes personnes qui incarnent la variété des positions sociales : membres de la famille royale, nonne, précepteur, gentilhomme, naine de cour et le peintre lui-même. À cet inventaire d’individus s’ajoute une collection de tableaux, dont la toile que peint Vélasquez mais qui nous est cachée. La porte ouverte au fond encadre la silhouette d’un noble et donne l’impression d’être un tableau parmi les autres œuvres. L’ensemble est comme une mise en abîme du peintre et de son art. Les regards vont dans toutes les directions mais l’œil de celui qui contemple la toile est attiré par l’Infante Marguerite qui semble irradier la lumière. Au bas du tableau un chien paraît assoupi, symbole du corps qui connaît le repos pour mieux laisser place à la réflexion. Celle de l’esprit, mais aussi celle du miroir, puisque la naine et le peintre semblent plonger leur regard dans celui du spectateur.

Zelda et Camille, 2nde 1

 


 

 

 

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